|
Muraliste, peintre, sculpteur et cinéaste.
Jeudi 24 Février 2005,
rencontre avec Dominique Maraval : L'artiste peintre qui a illuminé Dijon de
ses murs peints.
Dominique Maraval nous reçoit
dans sa maison de la proche banlieue parisienne. C'est là qu'il a également
son atelier d'artiste. Une multitude de toiles, de grands formats, y sont
Dominique Maraval
stockées ce qui donne l'impression que
Dominique, avant d'être un muraliste est avant tout un peintre sur toile. Il
considère son atelier comme son "laboratoire".
LG :
Pouvez
vous me dire pourquoi votre dernière peinture murale date de 1992 ?
Dominique
Maraval : En
1991 éclate la 1ère guerre du Golfe, or le marché des murs peints à cette
époque est principalement motivé par le marché de la publicité. Les communes
accordaient des espaces d'affichages sur leur territoire à de grands
annonceurs, qui en contre partie devaient peindre une façade. Le contre coup
de la guerre du Golfe s'est fait sentir dès 1992, le marché était globalement
morose, les investissements publicitaires des grandes compagnies ont chuté,
ce qui s'est traduit par une chute des affichages. Les annonceurs n'ont plus
crée de nouveaux emplacement et donc par conséquence plus de murs peints.
LG : Avez-vous
des regrets de cette époque ?
Dominique
Maraval :
C'est vrai que ces années 80-90 étaient superbes
pour un artiste muraliste. Jamais autant de murs n'ont été crées
que pendant cette période. Je regrette évidemment ce temps passé mais je ne
suis pas amer, car pour moi cela a été formidable de pouvoir m'exprimer de
cette manière. Je ne désespère pas voir revenir "le rêve, l'art, l'utopie"
dans la rue. Je suis prêt.

Dijon
(cliquez sur l'image pour l'agrandir)
(voir la galerie de ce mur)
LG :
Comment a commencé pour vous cette période de muraliste ?
Dominique
Maraval :
J'ai fait 2 concours de sélection à Dijon et à Oullins (dpt 69), sélections
que j'ai remporté. Dans cet entre fait Daniel Boulogne a publié un livre sur
les murs peints de France (voir
l'interview de Daniel Boulogne) et les propositions sont venues toutes
seules à moi. Je lui dois une fière chandelle, même si à l'époque je ne me
rendais pas forcément compte que tout son travail faisait avancer le mur
peint à grandes enjambées.
LG : Si j'en crois
ce que je vois dans votre atelier, vous vous êtes maintenant plutôt tourné
vers la peinture sur toile?
Dominique Maraval :
Pendant la pé- |
|
riode où j'étais muraliste je pouvais peindre très souvent dans mon
"laboratoire" mais je n'exposais pas cette recherche. J'ai donc peint régulièrement pour
moi dans la période 1973-1993. J'ai fait ma première exposition en 1993 dès
la chute des murs et
depuis j'expose très régulièrement.

Toile
(cliquez sur l'image pour l'agrandir)
LG : Comment
définissez vous votre peinture ?
Dominique Maraval :
J'utilise l'espace blanc de ma toile pour parler du monde et de la
perception que j'en ai. J'ai pris les poussières les plus élémentaires de ce
monde. Ces poussières peuvent se colorer, se structurer pour exprimer
le monde. J'ai appelé cette série de toiles les "Elémentaires". Il y a
abstraction
naturaliste pourrait on dire. J'essai d'approcher au mieux le résultat des
lois qui nous dépassent mais qui font que nous sommes là , c'est à dire
l'univers, sans soucis aucun de transgression .
La 2ème série s'appelle les "Culturelles" car à ces poussières de matière
se rajoute les poussières de mémoire de notre Histoire, ce que l'on a connu
que l'on a appris. Il y a alors une résonance entre ce que je reçois du
monde et ce que je transmet et cela s'exprime par une vibration, une
émotion.
LG : Pour
revenir aux murs peints, pourquoi ne
pas avoir monté une entreprise en murs peints en 1993 ?
Dominique Maraval :
Cela aurait
été possible à plusieurs reprises et je m'y suis toujours refusé. C'est trop
jouissif pour moi d'être "créateur" et manager une entreprise aurait été
une perte d'essentiel.
LG : Quel est
votre perception de l'art du mur peint ?
Dominique Maraval :
L'art du mur peint a toujours été considéré
par les autorités étatiques, (à part le ministère Lang) comme un art
populaire. Le fait de rajouter le mot populaire signifie que l'on a pas
affaire à de l'art avec un grand A. Or pour moi l'art du mur peint est
génial car c'est le plus bel endroit pour qu'un artiste puisse s'exprimer et
communiquer avec ses semblables sans intermédiaire mercantile. Le mur peint
est pour moi une thérapie, l'artiste projette sur le mur sa vision du monde.
Cela n'est pas toujours forcément beau mais cela devrait toujours être vrai

Dijon
(cliquez sur l'image pour l'agrandir)
(Voir la galerie de ce mur)
LG : Pouvez-vous
alors m'expliquer la symbolique du mur des halles de Dijon ?
Dominique Maraval :
La peinture s'inscrit dans une dualité
symbolique. D'un coté, les nourritures terrestres avec les halles, et de
l'autre côté les nourritures célestes avec la cathédrale.
|
|
Le bateau comme dans la
mythologie grecque, le passage de la terre au ciel. Les fruits sont
paradisiaques et colorés. Il s'agit aussi ici d'une passerelle entre
figuration et abstraction.
LG : Et dans un
site classé comme le centre de Dijon cela s'est imposé naturellement comme
idée ?
Dominique Maraval :
Non, cela n'a pas été une mince affaire, il
m'a fallu plus de 32 projets de maquettes avant l'acceptation du projet
final.

Une des 32
maquettes du mur
(cliquez sur l'image pour l'agrandir)
LG : Je vois des
sculptures en bois ou en bronzes, vous sculptez aussi ?
Dominique Maraval :
Effectivement,. cette sculpture en bois, avec ses 3 femmes, peut être
interprété de 2

Sculpture en
bois
(cliquez sur l'image pour l'agrandir)
manières au minimum. On voit
soit une bombe sur leurs genoux, synonyme de destruction de et mort, soit une
fusée synonyme de découverte de l'espace et d'espérance , de rêve. De toutes
façons elles sont heureuses, elles sourient, peut-être a cause de la forme
phallique de l'engin porteur de vie?...

Palais Royal
(cliquez sur l'image pour l'agrandir)
LG : Concernant l'école de la convention à Oullins (Dpt 69) quel a été
votre fil conducteur ?
Dominique Maraval :
Quand les couleurs envahissent les murs, ce
sont deux mondes qui se rencontrent, : c'est permettre, dès le plus jeune
âge, d'ouvrir les yeux à une sensibilité artistique.

En lire un peu plus sur
cette école :
(en Pdf
500 ko)
Merci à
Dominique Maraval pour son accueil chaleureux et pour les trois heures
passées en sa compagnie à la vitesse de l'éclair
Article de
Lionel GRIPON
Fevrier 2005
Vous pouvez rentrer en
contact avec cet artiste sur son
blog
Retrouvez encore plus d'information sur cet artiste dans la page
ARTISTE qui
lui est consacré sur ce site. |