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Interview /
Page artiste
17 Février 2006 : Rencontre avec Léonor et Fabio RIETI:
Tout en haut d'un immeuble
parisien, avec vue sur Paris (la Tour Eiffel et les Invalides)
Leonor et Fabio RIETI m'accueillent pour une entrevue qui durera plus de
trois heures.

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Dans le
séjour on voit tout de suite que l'art joue un rôle important dans la
famille : tableau en finition sur le mur, ébauches de sculptures sur de
petites tables. Chez la famille RIETI on est artiste de père en fille.

Tableau de Fabio Rieti: La
fillette au Pont-Neuf 1988 -Cliquez
sur l'image
Le père de Fabio RIETI
était artiste (compositeur), sa fille (peintre) et sa femme
(sculpteur) également.
LG : Dans
quelles circonstances avez-vous réalisé votre première peinture murale ?
Fabio
RIETI :
J'ai d'abord commencé par participer à la coloration de grands ensembles
urbains comme à
Grigny
(Essonne). Et à la réflexion je me suis dit, pourquoi ne pas faire des
motifs plutôt que des couleurs uniformes ?. J'ai réalisé des
mosaïques (à Grigny), puis je suis passé aux murs peints. Ma première
réalisation date de 1975 à Beaubourg (Paris).
LG :
C'est ce mur qui vous à lancé ?
Fabio
RIETI :
Effectivement, cela m'a permis de réaliser le piéton des Halles (Paris) qui
a fait décoller ma carrière de muraliste.

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Le mur des Halles était énorme, environ
1000 m² (44 m x 27 m), et la réalisation devait être bon marché. Le mur ne
devant rester que 3 à 4 ans tel quel. C'est la
réussite la plus flagrante entre budget et surface.
LG : Quelle est
votre dernière réalisation ?
Fabio
RIETI :
Il s'agit d'une façade d'immeuble, haute
d'environ 8 à 10 étages à Montrouge (dépt 92) et que nous avons réalisée, ma
fille et moi, en 2003.
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LG :
Ne me dites pas qu'à votre âge vous êtes
monté en haut de l'échafaudage ?
Fabio
RIETI :
Ma fille ne m'a autorisé qu'à effectuer la peinture de la base de la
fresque. C'est elle qui se trouvait entre ciel et terre.
Leonor RIETI : Nous
avons dû d'ailleurs modifier le plan de la fresque car il m'était impossible
de dessiner les nuages de l'angle haut à gauche sous peine de tomber dans le
vide.

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LG : Quelle
est la fresque la plus dure que vous ayez réalisée ?
Fabio
RIETI :
C'est la château d'eau de Plaisir car c'était l'hiver, il faisait très froid
et nous étions en plein vent. La balancelle sur laquelle nous nous trouvions
bougeait sans cesse. De plus, nous devions sauter du haut du château
d'eau pour arriver dans la balancelle.

Leonor RIETI : Pour ma
part il s'agit d'une palissade de travaux à Avignon. Elle faisait 300 mètres
de long, il y avait une multitude de personnages à dessiner et dans le Sud,
en plein été la chaleur était littéralement accablante. Dans les deux cas
c'était dur physiquement mais pas techniquement.
LG : Parmi vos
réalisations, quelle est votre fresque préférée ?.
Fabio
RIETI :
Il s'agit de la fresque située à Paris rue Etienne-Marcel mais dans sa 1ère
version de 1982. Elle a été refaite par la suite mais je n'aime pas le traitement de
certaine partie qui la rend moins forte.
Leonor RIETI : Pour moi
il s'agit de la fresque de BACH.

Le mur en 2005
LG :
Attribuez-vous une philo-sophie particulière à l'art mural urbain ?
Fabio
RIETI :
Les murs peints constituent la célébration
de la ville. Il n'y a pas de ville animale, mis à part les termitières. Les
murs peints glorifient ce que la ville fait d'elle-même.

Paris : Venise sur Seine
Les peintures murales existent depuis longtemps, mais on avait l'habitude de
les trouver dans les églises, dans les palais. L'art mural
urbain est récent, moins de 100 ans, avec les premiers murs mexicains. Avec
le 20ème siècle, les murs publicitaires sont devenus des murs
peints |
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artistiques et les passants peuvent ainsi facilement observer le travail
des artistes.
Paris

Avant-Après
Fresque en détail
LG :
Entre tableaux et murs peints, quelles différences voyez-vous,
artistiquement parlant ?
Fabio
RIETI :
Il y a beaucoup de peintres dans le monde, peut-être plus de 300 000, et
tous ne font pas des chef-d'oeuvres. Un tableau ne se trouve pas dans un
lieu précis, cela peut être un musée, ou un placard (petit sourire). Une
fresque murale, par contre, a un endroit précis : la façade de l'immeuble
qui la supporte. Le mur peint a un rôle plus social. Il doit attirer l'oeil
du passant, qui n'a pas que ça à faire, il doit capter son attention. Pour
un tableau on se déplace spécifiquement pour aller le voir dans un musée,
pas une fresque murale... sauf vous évidemment (rires communs).

LG : Le
mur peint n'a pas de rôle spéculatif ?
Fabio
RIETI
: Il est vrai que le tableau a une valeur d'échange, une valeur commerciale,
enfin celle que l'on veut bien lui accorder. Cette valeur évolue dans le
temps. Le mur peint lui, est éphémère. Il a une durée de vie moyenne de 10
ans et ne peut pas être source de spéculation.

Une réalisation disparue
(Fabio RIETI)
Le
tableau constitue une valeur mobilière et le mur peint a une valeur
immobilière, ce qui n'est pas tout à fait la même chose.
Retrouvez
Leonor RIETI
sur son site

Photos et propos
rapportés par
Lionel GRIPON |