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Merci à l'artiste d'avoir répondu à mes sollicitations au delà de mes
espérances
en me faisant parvenir un texte superbe sur l'art de faire un
mur, avec sa chronologie et les réflexions de l'artistes par rapport à son
travail : A lire absolument (cf plus bas sur cette page).
Merci à lui de nous avoir confié quelques
photos de ses réalisations, superbes
entre nous, et qui sont en ligne sur le
site .
Signé : Lionel GRIPON
Ses
réalisations en ligne sur ce site :
1-
Genève (Suisse) - De temps en temps
2-
Cannes - Le 7ème ART
3-
Cannes - Le mur du cinéma
4-
Versoix (Suisse) - Voltaire
5-
Cannes 8 fresques : Marilyn, Fanfan la tulipe; Charlot et le kid
etc..
6 -
Saint Genis Pouilly (3 fresques)
7 -
Mandelieu la Napoule
L’ART
DE FAIRE LE MUR (par A.Fresco)
PROSPECTION
Mur aveugle ou borgne, grand blessé de l’urbanisme, mur pignon comme un
moignon, abandonné
par un programme immobilier, vaste mur sans ouverture ou
petit mur en quête d’hauteur,
jeune façade brute de décoffrage ou vieille
muraille qui se desquame…
Les habitants en
ont pitié, les élus locaux en ont honte, les peintres en ont envie. Si ce
mur
est bien placé, il convaincra peut-être quelque généreux donateur de lui
offrir un nouvel
horizon…

« Les Trois
Rivières », restaurant antillais, Saint-Maurice en Gourgois, 20 m² - 2005
DIAGNOSTIC
Une fois trouvé le mur, le peintre doit se mettre à son pied, modestement,
et faire sa
connaissance.
Comment va-t-il ? Bien bâti, une santé en béton ou un peu décrépi ?
La peau
lisse ou rugueuse ? Des cloques, des rides, des plaies, des tâches, des
champignons, des fuites ?
Fonds d'écran
Le mur du cinéma à Cannes

Voir
Une fois le
bilan effectué, rédiger l’ordonnance : simple coup de brosse ou reprises
d’enduits ? Simple lifting ou totale greffe de la peau ? En fonction des
prescriptions,
estimer le coût du traitement.
La peinture ne
vit longtemps que sur un mur en bonne santé.
REFLEXION
Il faut aussi le faire parler, ce mur. Ce n’est pas une toile vierge, ni
un papier à dessin,
découpé au format, éclairé comme il sied, sans
contrainte ni passé.
Notre mur a
vécu, parfois plus longtemps que nous.
Mur aveugle, que
vois-tu ? Quel est ton paysage ? Ton quartier est-il huppé ou
populaire ?
Cosmopolite, touristique, ancien, moderne, coloré, gris béton ? Qui défile à
tes pieds ? Présente-nous ceux que tu vois chaque jour, aller à l’école,
faire le marché,
passer du bureau au bistrot d’à côté…
Genève

Avant-Après
Fresque en détail
Le muraliste
veut les rencontrer, leur parler, les écouter, les apprendre pour mieux
les
rendre, croquer leurs vies, dépeindre leurs caractères, se faire une image
d’eux tous.
NOUVEAU "VIDEOS"
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Cannes |

Cannes |
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Cannes |

Genève
(Suisse) |
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Mandelieu
la Napoule |
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D'autres
vidéos de ce style à voir sur le site de l'artiste.
Mur qui n’a pas
d’oreille, qu’a-tu donc entendu ? Quelles histoires, quelles révolutions ?
Quels murmures, quelles musiques ? Quels désirs, quels soupirs, quelles
hontes et
quelles lamentations ?Mur de silence qu’as-tu à raconter ? Mur d’enceinte de quoi
veux-tu
accoucher ?
Mur façade, quelle est ta vraie nature ? Qui se mure derrière
toi, qui
s’affiche avec toi ? Qui s’appuie contre toi, qui se cogne la tête ? Qui te
taggue, qui te graphe ?
Le mur a ses histoires, que le peintre révèle.

" Maroc ",
terrasse couverte du restaurant « Au Bureau », Lyon, rue de Gerland, 20 m² -
2005
CONCEPTION
Retour à
l’atelier. Le dossier s’alourdit, l’enquête touche à sa fin : photos,
témoignages,
gravures d’époque, petites envies et grandes utopies, les
documents se mettent à table,
à dessin. On commence à avoir une idée des
motifs, souvent passionnels.
On reconstitue,
on croque, on esquisse, on expose, on débat, on compose avec des
habitants,
des décideurs, des acteurs de la ville…
Le mur sera livré en peinture publique. Il doit être populaire : vu,
reconnu, compris,
apprécié et approprié par le plus grand nombre . Il joue
la peau des habitants.
Si la maquette est acceptée, « le muraliste fait un tabac » : propriétaires,
locataires,
architectes, élus, financeurs, techniciens ont voté.
Le mur peint est un mur-miroir : chacun doit pouvoir s’y reconnaître, s’y
retrouver.

PREPARATION
Passer de l’échelle de la maquette à celle de l’échafaudage pose un
problème…de taille !
Agrandis 20, 40,
50 fois, la perspective prend la fuite, les contrastes jurent, les
couleurs
se mettent à crier sur tous les tons, la touche a une drôle d’allure…
Le muraliste
n’agrandit pas sa maquette, il l’adapte.
Transformer un
mur aveugle en trompe-l’œil est forcément une activité louche. Surtout
avec
un œil sur la maquette et l’autre sur le mur. Art ? Artisanat ? « Artisanadart » ?
Peu importe. C’est en tous cas un travail d’autodidacte, qui ne s’apprend
qu’en remettant
100 fois son métier sur l’ouvrage.
Parallèlement, le muraliste prépare son chantier de bataille : plans,
calques, poncifs,
gabarits, pochoirs, projections, nuanciers …Il détourne
les outils existants et invente
ceux qui n’existent pas. Références, pots,
rouleaux, pinceaux, éponges, chiffons,
poudres, niveaux, il fourbit ses
instruments, évalue la météo, prépare son voyage.
Son
projet est enfin…mûr !
REALISATION
Travail d’équipe, travail épique. Les muralistes grimpent au mur.
Vertige interdit, recul
impossible. Mesurer, tracer,
calepiner, décalquer, ne rien laisser en plan, tout
mettre en perspective. Monter, descendre, remonter les couleurs (quelques
tonnes
suffiront), première couche, aplats, deuxième couche, nuances, que dit la
météo ?
Troisième
couche, modelés, quatrième couche, finitions, que disent les passants ?
Cinquième couche, retouches, ne pas dépasser le budget, sixième couche, ne
rien
négliger, une volée de marches, une envolée de pigeons, n’oublier
personne, une
poignée de passants, une rangée de vitrines, improviser
minutieusement, une brassée
de fleurs, une fenêtre ouverte, le chat sur le
toit…
Durant quelques
semaines ou quelques mois, sous le soleil ou dans le froid, les
muralistes
ont pignon sur rue. Ils créent les plus vastes tableaux du monde, avec le
ciel pour cimaise, la ville comme atelier, la rue comme galerie.
Les passants sont leurs
critiques d’art, et les couleurs de la vie leur
palette.
INAUGURATION
Savoir s’arrêter.
Accepter le démontage de l’échafaudage.
Devant tout le monde.
Il n’y aura plus de retouche, plus de correction, pas de repentir.
S’interdire les regrets.
Le résultat est
spectaculaire, permanent de jour, éclairé de nuit, offert à tous et pour
longtemps. Petits et grands, jeunes et vieux, néophytes et spécialistes,
voisins et étrangers…
Le muraliste n’a
pas le moral. Il passe une mauvaise nuit, ou deux, ou plus. Il doute.
Il n’est plus
démiurge, redevient spectateur. Et seul le plaisir des autres spectateurs
lui
redonne l’envie d’aller refaire le mur, ailleurs…
Son œuvre ne lui appartient plus.
Elle est suffisamment grande pour être adulte :
c’est une œuvre « majeure », oui ou non ?
Vous
avez aimé les
réalisations de cet artiste,
retrouvez le sur son site :
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